vendredi 25 janvier 2013

CHRONIQUE : OAK - Not Afraid Anymore


OAK est un groupe strasbourgeois créé en 2009. Ce dernier compte 5 membres : Pierrot à la basse,  Seb derrière les fûts et Sam, Thibault et Thomas aux grattes. OAK signifiant "chêne" dans la langue de Shakespeare, on comprend pourquoi ces jeunes gaillards qualifient leur musique de "Post Rock à feuilles". En début d'année 2013 cette formation bas-rhinoise sort son premier vinyle Long Play. La chronique qui suit portera donc sur cet opus qu'il vous est possible d'écouter en cliquant sur l'url suivante :


Not Afraid Anymore, ces musicos n'ont pas froid aux yeux et l'affirment. Cet album comporte 5 chansons, les unes plus planantes que les autres. Elles ont été enregistrées par Sam (System-D Prod.) et il peut être fier de lui car, y'a pas à dire, ça envoie du pâté dans nos feuilles de chêne !! Après les avoir vu en représentation scénique plusieurs fois, OAK fait partie des groupes qui s'écoutent les yeux fermés en headbangant langoureusement. Ils dégagent une atmosphère intense et enivrante à laquelle on ne peut que succomber. "Le meilleur moyen de résister à la tentation est d'y céder" : les mots d'Oscar Wilde prennent ici tout leur sens. Les morceaux s'en-chêne et durent de 6 à 10min. On ne s'ennuie pas. Ce n'est pas avec OAK que nous allons prendre racine me direz-vous. Le Post Rock me fait penser à des montagnes russes, ça monte, ça descend, ça s'intensifie puis ça se calme. Si la montée en puissance nous fait vibrer,  la chute n'en est que plus appréciable. Lors de ces moments de grands sauts dans le vide nous non plus nous n'avons plus peur de rien et sommes même prêts à lâcher les mains.

Bon, trêve de badinage, on a du pain sur la planche. 


Pochette du skeud. 

Force est de constater un bel effort sur l'artwork. L'envolée des corbeaux nous rappelle le décollage émotionnel que nous procure leur musique. Malgré tout on remarque que les chênes restent au sol, OAK ont les pieds sur terre lorsqu'ils nous offrent un voyage céleste. 


Time Is My Worst Enemy

Premier titre du Long Play, on se met doucement dans le bain. Une batterie bien présente dès le début du morceau, le batteur assure derrière ses toms et c'est tant mieux. On saluera la complémentarité des trois grattes et l'excellente maîtrise du médiator de Thibault, il fait littéralement fumer ses cordes. Sacré poignet mec !! Vient ensuite une partie plus calme, reposante. OAK nous fait don ici d'un terrain fertile à toute réflexion, laissons le temps au temps. On remarque petit à petit une montée en puissance, on ne restera pas sur notre faim, l'explosion est belle, intense et tenace. Le jeu de montagne russe fonctionne à merveille.

ER, 2am

Titre plus énigmatique, mais toujours dans la langue de nos chers voisins d'outre-Manche. Les effets guitaristes sont présents, le delay utilisé rappelle la répétition de l'histoire à travers les siècles, la confusion ne se fera pas attendre. Les guitares se répondent, on se sentirait presque dans la peau d'un spectateur de Roland Garros. Dans ce morceau Thibault manie à nouveau le plectre avec excellence, ceci en utilisant les cases les plus aigues de sa gratte. Ayant moi même fait un peu de gratte je sais que ce n'est pas une mince affaire et je reconnais par la même occasion son professionnalisme.

Things Are Getting Bad

Les choses partent en sucette, mais pas pour nous. les mecs de OAK continuent à nous emporter comme ils savent si bien le faire. Nous continuons d'écouter cet album en roue libre, on se laisse flotter, on oublie les tracas du quotidien. Un jeu de grosse caisse époustouflant nous emmène par delà les vallées. Laissons nous guider...

So Tired Of This Sickness…

On continue notre périple interstéllaire et c'est en surplombant les vallées évoquées précédemment qu'on se rend vraiment compte de la beauté qui nous est offerte par la Terre mère. C'est beau, c'est propre, pas de fioritures, ça va droit au but et ça me plaît. OAK nous offre un morceau d'une lenteur et d'une intensité rarement égalées. La basse jouent avec les guitares, elle sait qu'elle n'a pas à rougir de son manque de cordes. Ces mecs savent y faire, y'a pas à dire. 

…It Has To End Soon. 

Cela doit bientôt se finir, quand on sait que c'est le dernier morceau on ne peut qu'approuver le choix du titre, aucun détail n'est laissé au hasard, ils en ont sous les bigoudis !! OAK nous délivre une dernière compo de qualité. Tout commence par un sample. Le sampling doit être une des techniques phares du groupe avec le delay et le jeu de plectre car ce dernier est parfaitement exécuté. Les musicos finissent sur un morceau plus sombre, les influences sludge, black métal et doom se font hautement ressentir. Notre voyage imaginaire se finirait-il en compagnie de Lucifer ? Pas sûr… De nombreux riffs se suivent, la basse résonne, on en perd la tête pour finalement arriver à bon port. Un grand merci pour cette balade.


Pour conclure les vieilles branches, je n'ai qu'un conseil à vous donner : Prenez un ticket et montez vous aussi à bord de cet étrange appareil !! 

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